PRIMAIRE – RETROUVER LE BON TEMPO

Continuité pédagogique complexe, crainte de ne pas être au niveau, rythme bouleversé… Enseignants et psychologues répondent aux interrogations des parents.

J’ai peur de ne pas avoir été à la hauteur pendant le confinement, cela va-t-il pénaliser la scolarité de mon enfant ?

« Les parents ont tous essayé de faire au mieux avec leurs ressources. C’est une année particulière, les enseignants le savent et vont prendre les enfants là où ils en sont », indique Martine Fabes, enseignante en CP à l’école Saint-Pierre de Chaillot, à Paris. « Si un travail régulier a été fourni et qu’ils ont suivi a minima ce qui a été envoyé, c’est déjà positif », poursuit Sandrine Mitchell, enseignante en CP à l’école du Sacré-Cœur, à Aix-en-Provence. Ce qui n’a pas été compris est rapidement identifié par les enseignants : « On cible des notions prioritaires et, si elles ne sont pas acquises, on revient dessus. » Enfin, si une notion n’a pas pu être étudiée, elle sera certainement revue l’année prochaine : « Les enseignants de la classe suivante se rendent bien compte de la situation et vont être obligés, à la rentrée, d’adapter le niveau d’exigence », anticipe Anthony Heitzmann, enseignant en CM2 à l’école Saint-Joseph, à Montfavet (Vaucluse).

Nous avons eu un deuil dû au Covid-19 dans notre famille, mon fils a peur de retourner à l’école. Comment l’apaiser ?

Ses craintes sont tout à fait compréhensibles car il a peur de perdre ses parents. « La séparation peut être difficile pour beaucoup d’enfants qui ont vécu confinés avec une anxiété palpable : “Si tout le monde est dedans c’est que dehors c’est dangereux”. Il va falloir apaiser ses peurs, reprendre confiance et se montrer soi-même rassurant en tant que parent », explique Anne Bacus, docteure en psychologie. Si l’enfant montre trop d’anxiété, il est intéressant d’évaluer si d’autres signes apparaissent : changement dans le comportement, trouble du sommeil, appétit perturbé, irritabilité… « Tous ces indices peuvent conduire à contacter un professionnel, psychologue ou pédopsychiatre, pour voir si l’enfant a besoin d’être accompagné », estime Léa Gouz-Cymerman. 

J’appréhende l’entrée en 6e de mon fils. On dit souvent que la marche est haute entre le primaire et le collège… 

La 6e fait partie du cycle 3 et se présente comme une classe de consolidation des acquis. Les professeurs de 6e qui maîtrisent déjà l’accueil des anciens CM2 seront d’autant plus mobilisés. « Il s’agira également, pour les parents, de vérifier l’apprentissage des cours et leur compréhension car la 6e est aussi une phase de transition dans l’organisation et la méthodologie », estime Sandrine Mitchell. « Si le travail en primaire a été correctement fait, en général la 6e se passe bien, observe Anthony Heitzmann. Quand on parle de “marche haute”, elle concerne davantage le changement de profs, de classe, le fait de grandir… Durant le confinement, les enfants ont dû se débrouiller parfois seuls pour aller chercher les devoirs sur le site Internet, savoir quoi faire, quand le faire… De ce côté-là, ils ont fait un bond énorme en autonomie. » 

CHARLOTTE COUSIN (extrait du site APEL.fr)